Rocky Horror Picture Slip

Je ne sais pas vous, mais ces derniers temps vu l’ambiance sociétale, j’ai besoin d’un peu de légèreté. J’ai donc décidé de reprendre cette idée de gallerie de slip issus de la pop culture, et je commence avec cette fournée spéciale Rocky Horror Picture Show.

Sexisme et culture du viol banalisée par la fiction, épisode 1356…

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Août 2020 : Il y a longtemps (octobre 2018 si j’en crois wordpress) j’avais rédigé cet article, avec l’idée de publier plus ou moins régulièrement ce genre de critique/analyse féministe de séries/films … Puis je m’étais dégonflée et je ne l’avais jamais publié. Et finalement… j’ai revu un autre film qui m’a beaucoup énervée, alors j’ai voulu venir écrire un article à son sujet, et je suis retombée sur celui-ci… Alors voilà, je le publie finalement.
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// Octobre 2018 :
Hum… par où commencer?…
Etant pas mal consommatrice de fictions audiovisuelles, (notamment sur Netflix) il arrive régulièrement que je tombe sur des films ou séries « problématiques » en matière de féminisme…
Et oui, c’est qu’après avoir avalé la pilule rouge du féminisme, impossible de revenir en arrière, on ouvre les yeux sur le sexisme, les inégalités, les stéréotypes de genre nocifs… qui sont malheureusement omniprésents dans notre vie quotidienne, et dans les films et séries que nous avons aujourd’hui à portée de clic.

Et, régulièrement, je m’énerve toute seule devant mon écran, devant tel cliché ou trope récurrent, devant telle scène complètement absurde et sexiste dans des fictions encore très souvent créées par des hommes, pour des hommes… car oui hein, pour l’industrie du cinéma et séries, le spectateur par défaut est forcément un homme hétérosexuel (cisgenre et blanc de surcroît), et c’est donc pour -et à travers- ses yeux (le « male gaze ») que la majorité des réalisateurs nous donnent à voir les histoires…

Et je ne sais pas, peut-être était-ce la fois de trop, peut-être est-ce par ce que je suis de moins en moins patiente et tolérante envers les manifestations de sexisme avec les années, ou peut-être était-ce parce qu’en ce moment je suis un peu sur les nerfs (probablement les trois) mais hier, j’ai été particulièrement énervée après avoir regardé une série sur Netflix (non, je ne suis pas sponsorisée par la plateforme, c’est uniquement que c’est le lieu principal où je regarde des films et séries ces derniers temps)…
Alors, je me suis dis que désormais, au lieu de pester seule devant mon écran dans une colère stérile, j’allais plutôt partager ici mes critiques, et expliquer en quoi ces fictions sont problématiques.

Pas mal de films que j’ai vu ces derniers mois m’ont contrariée, notamment Her de Spike Jonze, Love de Gaspard Noé, ou encore Un peu, Beaucoup, Aveuglément de Clovis Cornillac (oui, bon, je regarde pas toujours des trucs de qualité, hein…). J’y reviendrai peut-être plus tard, mais aujourd’hui c’est une série française sur laquelle j’aimerais me pencher…

DIX POUR CENT (attention spoilers inside)
Il s’agit d’une série française dont la première saison date de 2015 et la seconde de 2017.
Elle raconte les déboires professionnels et personnels des employé.e.s d’ASK, une agence artistique qui s’occupe d’acteur.ice.s français.e.s. On suit les 4 associé.e.s de la boîte, André, Mathias, Gabriel et Arlette, ainsi que leurs assistant.e.s, Noémie, Hervé et Camille, et Sophia, la réceptionniste.
La série débute avec la mort de leur patron, et avec l’arrivée d’une petite nouvelle, Camille, fille cachée de Mathias, qui monte à Paris pour se rapprocher de son père et espère entrer dans le milieu du cinéma, comme lui.
Chaque épisode est titré du prénom d’un.e (ou plusieurs) acteur.ice français.e connu.e qui tient son propre rôle dans l’épisode en question.

Avant de passer en revue certaines scènes qui me semblent problématiques, voici un rapide portrait des différents personnages : 

Mathias : Homme d’une bonne cinquantaine d’année, bourru voir désagréable, sûr de lui, implacable, parfois manipulateur, il est présenté comme quelqu’un d’assez redoutable mais de très compétent et respecté. Il est marié, a un fils d’une vingtaine d’année, et au début de la série, coule une vie tranquille dans un chic appartement parisien.
Par la suite, le personnage va évoluer et on va se rendre compte qu’il n’est peut-être pas aussi inébranlable et insensible qu’il n’en a l’air au premier abord, mais on y reviendra…

Gabriel : Archétype du type lambda, entre 35 et 40 ans, au physique banal, presque ingrat, un peu bedonnant, un peu gaffeur, mais qui respire la gentillesse et la sincérité (étonnant dans le milieu du show business), et qui assume une part de sensibilité. Il nous est rapidement présenté comme un romantique, maladroit et mal assuré en ce qui concerne la séduction, et il a du mal à se remettre de sa dernière rupture douloureuse.
Le parfait stéréotype du « nice guy » en somme… et on ne sera pas déçues du voyage, car le personnage va évoluer d’une manière vraiment problématique…

Andréa : Trentenaire aux allures de working girl, très amie avec Gabriel, c’est pourtant son antithèse : lesbienne assumée, sûre d’elle, grande gueule parfois passablement désagréable, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, et se donne les moyens d’obtenir ce qu’elle veut. Elle est présentée comme une femme forte, combative, et ambitieuse, et cela est montré sous un jour plutôt positif par la série, ce qui est une bonne chose (pour une fois qu’une femme avec un peu de pouvoir n’est pas diabolisée) !
On peut déplorer certains « clichés » dans son personnage, comme le fait qu’en tant que femme forte, et lesbienne, elle soit dépeinte comme ayant un comportement clairement considéré « masculin » (je crois que c’est d’ailleurs dit plus ou moins explicitement à un moment ou un autre), dont un côté « Don Juan » féminin, multipliant les relations d’un soir et brisant les coeurs sans état d’âme… Son personnage va cependant évoluer de ce côté là.

Arlette : La doyenne des quatres associé.e.s, stéréotype de la vieille râleuse qui ne mâche pas ses mots et qu’il vaut mieux ne pas trop emmerder, mais qui est quand même sympa au fond, toujours accompagné de son petit chien prénommé Jean-Gabin. Elle est explicitement présentée comme la vieille agente qui s’occupe des vieux acteurs et… et c’est tout en fait. Alors qu’on voit les autres évoluer avec leurs différent.e.s client.e.s, on se sait même pas qui sont les « talents »(comme il est de coutume d’appeler les acteur.ice.s dans l’agence) qu’elle représente. Contrairement aux trois autres, ce n’est qu’un personnage secondaire peu développé qui ne sert pas à grand chose dans ces deux premières saisons…
Dommage, on partait pourtant sur un casting paritaire. Mais on se rend compte qu’en réalité la deuxième femme du quatuor est plus une figurante qu’autre chose… Pourquoi créer ce personnage si c’est pour ne pas l’utiliser ? Est-elle trop vieille pour avoir le droit à une intrigue ? Il y aurait pourtant pas mal de choses à dire là dessus, vu le peu de représentation des femmes agées… d’autant plus dans une série qui traite des coulisses du milieu du cinéma ! C’est d’autant plus dommage qu’il est question dans le tout premier épisode de l’avenir des actrices après un certain âge… mais finalement la série ne dénonce qu’à moitié ce phénomène.

Hervé : Assistant de Gabriel, il est un peu hautain, mais quand même sympa quand on le connait bien, et présenté comme ouvertement gay. C’est je trouve un bon point pour la série de faire apparaître des personnages homosexuels sans que cela ne soit un « enjeu » (je veux dire par là que la série ne fait pas tout un plat du fait qu’ielles soient homosexuel.le.s, c’est plus un détail qu’autre chose, ielles ne sont pas défini.e.s par leur sexualité). Après on peut reprocher leurs personnalités qui restent stéréotypées, la femme lesbienne « masculine » et l’homme gay « efféminé » fan de ragots… Mais le fait qu’ielles soient présenté.e.s sous un jour plutôt positif et qu’ielles fassent partie des personnages principaux (bon, surtout Andréa) est assez rare (parmis ce que je connais en tout cas) pour être noté.

Noémie : Assistante de Mathias, elle apparait comme le cliché de l’assistante un peu superficielle et drama-queen, friande de potins et de ragots qu’elle partage avec Hervé, dont elle est proche. Elle est folle amoureuse de Mathias, et bien qu’elle sache qu’il soit marié et à priori heureux en ménage, elle espère un jour avoir sa chance, guettant le moindre signe d’intérêt dont il pourrait faire preuve à son égard. En attendant son heure, elle se contente de sa place actuelle, et rempli consciencieusement sa tâche d’assistante avec une fidélité et une abnégation sans faille pour Mathias.
Elle passe au premier abord pour assez irritante et superficielle, voir pathétique, mais vers la fin de la 2e saison, son personnage va connaitre une évolution vers plus de profondeur et d’avantage d’intérêt qu’il n’en laissait paraître.

Camille : La vingtaine, naïve et réservée, elle va pourtant vite s’intégrer dans l’agence et dans l’équipe, qui contre toute attente, l’accueille plutôt positivement. Enfin sauf son père, Mathias, qui ne voit pas d’un bon oeil l’arrivée de sa fille illégitime en région parisienne, et encore moins sur son lieu de travail….
Il essayera de la dissuader, de la pistonner pour un poste similaire dans une autre agence, mais elle lui tiendra pourtant tête, décidant elle même de ce qui est bon pour elle. En cela je trouve que c’est un personnage féminin positif (pour une fois qu’une fille s’émancipe avec succès des attentes paternalistes et égoïstes de son père). On évite le cliché de la fille qui cherche désespérément un lien paternel, faisant des pieds et des mains jusqu’à sacrifier son propre bien être et/ou avenir dans l’espoir d’un peu de reconnaissance et d’amour de ce père avec qui elle n’a pas grandit. Malgré son apparente naïveté, sa réserve, et son histoire familiale un peu compliquée, Camille semble être une jeune femme équilibrée qui sait s’écouter et se faire respecter. C’est plutôt plaisant à voir.

Sophia : la jeune et jolie réceptionniste de l’agence. Souriante, sympathique, pleine de joie de vivre, grande, mince, taille mannequin, et métisse. C’est le seul personnage racisé* (dans la saison 1 du moins), le reste du casting est incroyablement blanc (je ne sais pas si c’est voulu ou un hasard, et si cela reflète la réalité ou non). Bien qu’elle semble apprécier son poste de réceptionniste, on nous fait vite comprendre que son rêve serait de percer en tant qu’actrice. Son personnage va prendre d’avantage d’importance et de profondeur au fil des épisodes.

/ * Point Lexique (pour les non-initié.e.s et pour éviter les malentendus) :  le terme « racisé » désigne des personnes qui subissent le racisme. Cela ne sous-entend pas pas que les personnes non-blanches appartiendraient à une « race » à part, qui les différencieraient des personnes blanches. A ma connaissance c’est le terme le plus adéquat, et utilisé dans les milieux militants anti-racistes. /

Hicham : dernier arrivé, au cours de la saison 2, mais qui devient un personnage important (et apporte un peu plus de « diversité » au casting). Homme d’affaire trentenaire richissime, mais originaire du même patelin qu’Andréa (ils étaient au collège ensemble). Cette dernière, recroisant la route d’Hicham plus ou moins par hasard, y voit l’occasion de sauver l’agence (qui suite au décès du patron connait des déboires financiers) en lui proposant de la racheter. Elle s’aperçoit un peu trop tard qu’Hicham, sous sa belle gueule et ses costumes classes, est un connard arrogant et misogyne de première (étonnant). Elle tente donc de le dissuader mais en grand gamin capricieux, il est intéressé par ce nouveau terrain de jeu et décide de racheter la boite, devenant le patron d’Andréa et ses collègues, un pouvoir dont il se délectera.
On va tenter de nous montrer qu’il n’est pas uniquement un connard-arrogant-misogyne-et-parvenu, mais aussi un père de famille qui souffre d’un divorce en cours, et qui tente de racheter l’amour de son gamin comme il peut, avec les moyens qui lui semblent les meilleurs (à savoir, des fêtes grandiloquentes et des cadeaux hors de prix)… Mais on n’est pas dupes, si le personnage veut redorer son image et l’estime qu’on peut lui accorder, il va falloir un peu plus que la carte du père maladroit pour nous attendrir (en ce qui me concerne en tout cas).

LES POINTS PROBLEMATIQUES 

On arrive au coeur du problème… les éléments « problématiques » (euphémisme) de cette série. Jusque là, j’étais pour agréablement surprise par cette série française (j’avoue ne pas accorder beaucoup de crédit à ce qui est productions françaises, aux séries bien moins encore qu’aux films). Mais à partir de la saison 2, Dix Pour Cent prend vraiment un sale tournant en ce qui concerne les relations entre les personnages masculins et féminins…

La relation Sophia/Gabriel :
Au début de la série, Sophia essaie comme elle peut de faire sa propre pub en tant que comédienne en invitant les agents à venir voir la pièce de théâtre dans laquelle elle joue, mais cela n’intéresse pas grand monde. Jusqu’au jour où après une déconvenue, Gabriel qui veut se changer les idées se résout à aller la voir. Et là, c’est la révélation… il est subjugué par ses talents de comédienne et de chanteuse (bon et aussi par sa plastique hein ne soyons pas naïve).
Sophia est très touchée par le fait que Gabriel soit venu la voir, et par les compliments dithyrambiques qu’il lui fait ensuite. Il lui propose d’être son agent. Elle accepte, et les voilà qui commencent à se rapprocher doucement… ils semblent tous les deux attirés l’un par l’autre, et quelques épisodes plus tard, ce qui devait arriver arriva, ils entament une relation amoureuse.
Le vieux romantique déçu par l’amour retrouve la joie de vivre au contact de la jeunesse pétillante de Sophia… Ne serait-on pas en plein dans le trope de la Manic Pixie Dream Girl ?… Au début de leur relation, ils semblent pourtant mutuellement s’enrichir et s’épanouir au contact l’un de l’autre : il l’aide à décrocher des castings et l’encourage dans cette voie, et elle lui apporte l’amour et le réconfort émotionnel dont il manquait tant. Mais les choses vont se gâter…

Un jour, Gabriel, toujours à la recherche du rôle en or qui révèlera sa comédienne/dulcinée, lui suggère de se présenter à un acteur dont il est aussi l’agent (Julien Doré), qui se trouve être en train de monter un film-comédie-musicale-érotique. Sophia est un peu intimidée, mais elle fait confiance à son agent/amant, et elle le laisse faire les présentations. Julien semble cependant peu intéressé.
Un peu plus tard, alors que le couple recroise fortuitement Julien dans une réception, Gabriel encourage Sophia à aller se rappeler au bon souvenir de Julien et de lui proposer une nouvelle fois de lui faire une petite démo de chant. Sophia est mal à l’aise car elle craint de se faire envoyer sur les roses par Julien et n’a pas envie de forcer les choses vu le manque d’intérêt suscité par leur première entrevue. Mais devant l’insistance de Gabriel, elle consent à parler à nouveau à Julien… qui semble toujours aussi peu intéressé.
Finalement, après un heureux concours de circonstances, Julien et Sophia se retrouvent à improviser un duo autour d’un piano, et Julien est à son tour charmé par les talents de Sophia. On apprend bientôt que Julien propose à Sophia le rôle principal de son film-comédie-musicale-érotique. La comédienne et son agent exultent en apprenant cette bonne nouvelle, unis par leur amour et la perspective d’une réussite professionnelle qui leur serait bénéfique à tous les deux.

Seulement les choses commencent à changer… Gabriel qui jusque là était plutôt du genre prévenant et solidaire, commence à devenir méfiant et jaloux et possessif. Il se sent menacé par Julien Doré, avec qui Sophia passe beaucoup de temps pour le tournage du film. Il a peur que cette « femme qu’il n’aurait jamais cru pouvoir avoir »(c’est à peu près ce qu’il dit) lui échappe… « Laisse-donc la vivre » lui conseille très justement Andréa. Et à ce moment, on pense qu’il va écouter les sages conseils de son amie, et arrêter de surveiller Sophia pour travailler sur ses propres insécurités…
Mais que nenni… Non seulement il continue de fliquer Sophia en la soupçonnant de fricoter avec Julien Doré, mais il va jusqu’à torpiller les chances de succès de ces derniers en démontant le film face à une représentante sensée financer le projet… Il raconte un mensonge absurde sur une partie du scénario qui comporterait une scène choquante (à base de « pénophagie »… drôle d’ironie venant de la part d’un mec qui sent sa virilité menacée).

Jusqu’au dernier moment, on (je) pense que par un retournement de situation le film se fera quand même malgré la tentative de sabotage de Gabriel, qu’il sera bien attrapé, et que sera peut-être l’occasion pour lui de se rendre compte que tout cela est ridicule et qu’il n’aurait jamais dû faire une telle chose.
Mais point du tout, son mensonge a fonctionné, et les décideurs annoncent qu’ils ne financeront finalement pas le film en raison de la prétendue scène choquante. Sophia et Julien sont dépités, et Gabriel, hypocrite, fait mine d’être étonné et de compatir « oh oui mince alors c’est vraiment dommage… ».
Les jours suivant, voyant sa chérie déprimer en raison de cette occasion manquée, il s’en veut quand même un peu, alors pour lui remonter le moral (et se donner bonne conscience?), il lui offre une place pour assister au festival de Cannes avec lui. Cela redonne le sourire à Sophia, et voilà la joie revenue dans le couple pour un temps…

Ensuite nous voilà à Cannes, et c’est là qu’on arrive à l’apothéose de l’horreur, avec une scène particulièrement gerbante, dont voici le contenu [TW – VIOL CONJUGAL] :
Contexte : ils sont dans leur chambre d’hôtel à Cannes, Gabriel vient de recevoir un message de Julien Doré qui lui apprend qu’il descend à Cannes et qu’il veut le voir, ce qui contrarie Gabriel, qui veut à tout prix éviter de le croiser de peur que Julien et Sophia communiquent et finissent par découvrir le pot aux roses. Il va donc trouver un moyen de rester dans la chambre d’hôtel…

(les sous-titres étaient incomplets donc j’ai mis en légende ce qu’ils se disent exactement).

– Sophia : Bon, on y va ? // – Gabriel : Où ça, dans la rue?

– Sophia : Ben oui, dans la rue ! J’sais pas, on va se balader, prendre la température sur la croisette, voir si les gens sont arrivés… C’est Cannes, quoi !

– Gabriel (se levant pour enlacer Sophia) : « Ouh, t’es jolie toi. » // – Sophia : « Oui. »

– Gabriel (l’attirant vers le lit), d’un ton libidineux : « Oh oui t’es jolie ! » // – Sophia (comprenant, essayant de résister): « Nan, nan, steuplait mon a… »

– Gabriel (la couchant sur le lit de force) : « Si, si.  » // – Sophia : « Nan, j’viens d’me préparer… »

– Gabriel (se penchant au dessus d’elle sur le lit) : « Mais t’es jolie, t’es jolie… »// – Sophia (essayant de se relever) : « Mais nan, j’suis… »

– Gabriel (lui coupant la parole d’un ton autoritaire en la repoussant sur le lit et l’immobilisant) : « Nan ! Nan, nan, t’es jolie j’t’ai dit. »

– Sophia (éberluée, mais riant) : « Mais t’es fou ! »

Sérieusement ?? Y’a que moi que ça dérange ou bien ?… Ce qu’on vient de voir là, ce qui nous est présenté comme une scène légère se terminant dans les rires, c’est l’amorce d’un viol conjugal
Par trois fois, Sophia exprime explicitement un refus, que ce soit par des mots ou des gestes, et par trois fois, Gabriel ne l’écoute pas, lui coupant la parole et usant de la force physique pour la contraindre !… La scène se termine par Gabriel se couchant sur Sophia qui rigole (nerveusement?), laissant le spectateur penser qu’il arrive à ses fins.
Je trouve cette scène extrêmement problématique et même dangereuse : elle banalise totalement la violence et la domination masculine, et le non-respect du consentement féminin dans les relations sexuelles…
Pour rappel, Gabriel fait ceci pour empêcher Sophia de sortir afin d’éviter qu’elle tombe sur Julien Doré ou d’autres personnes pouvant lui faire comprendre que c’est Gabriel qui a bousillé ses chances de réussite… Ce qui rend cette scène encore plus gerbante.

Un peu plus tard, Sophia apprend tout de même que c’est Gabriel qui a saboté le financement du film et s’en va, furieuse.
Alors, à la toute fin du dernier épisode, Gabriel s’en va pleurnicher auprès de son amie Andréa. Ce qui donne lieu à une autre scène qui m’a également énervée :

– Gabriel (dépité) : « Elle est partie… Elle m’a quitté. » // – Andréa : « … »

– Gabriel : « Elle a bien raison… Parce que j’suis qu’une merde. »

– Andréa (après un silence) : « Moi j’suis enceinte. D’Hicham. Et j’sais pas quoi faire. »

– Gabriel (après un soupir) : « Tu vois c’est ça qu’est dingue avec toi… t’as toujours un truc en plus toi. Du coup nous, ben à coté de toi on a toujours l’air tous pourris. »

– Andréa : « Mais nan t’es pas pourri. T’es mon ami. »

[un peu plus tard] – Gabriel (tendant la main vers Andréa) : « On s’lâche pas, hein ?… »

THE END

Ce que je vois de Gabriel dans cette scène :
« Bouhouhouh j’agis comme un connard mais je peux pas croire que j’en sois vraiment un, alors je dis que je suis une merde pour que tu me réconforte et que tu me rassures en me disant que je suis un mec gentil, un nice guy, hein, rassure-moi, dis-moi que je suis pas un connard. Console-moi, materne-moi, je suis un gros bébé incapable de prendre la responsabilité de mes actes et de me remettre vraiment en question. »
Et ensuite, quand vient son tour d’écouter des confidences :
« J’aime pas trop que tu surenchérisses quand je viens me plaindre que je suis malheureux parce que j’ai fais de la merde, car du coup mes problèmes ont l’air moins importants, alors que je souffre énormément ! Je veux qu’on me plaigne, je suis vraiment très malheureux… Du coup comme je suis vexé et atteint dans mon orgueil paradoxal dans le concours du plus malheureux pour me distinguer, je joue les manipulateurs et je te sors des phrases passives-aggressives (« faut toujours que tu ramène la lumière sur toi ! *clin d’oeil clin d’oeil* humour hein, je plaisante (enfin… à moitié) ») et sur un ton enfantin, parce que je suis mignon… et je suis un pauvre garçon si malheureux… plains-moi… « .

Comme il se trouve que je suis un peu dessinatrice de BD, j’ai décidé de revoir un peu ces deux scènes, histoire de montrer ce que j’aurais voulu voir… (EDIT 2020 : à la base je voulais le faire au propre, mais je n’ai jamais eu la foi visiblement, du coup je laisse les roughs, vu qu’ils sont plutôt lisibles).

Voilà…
Je vais stopper là pour l’instant, cet article est déjà très long… la prochaine fois je parlerai de la relation de Mathias avec les femmes.

N’hésitez pas à me faire part de vos retours (constructifs) ! 😉
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Burlesque Girrrl

 

Une toute nouvelle illu réalisée à l’occasion du Character Design Challenge de novembre dont le thème est « burlesque dancer »… Ca faisait un moment que j’avais envie de participer, mais je n’avais pas encore eu le temps ! Du coup je fais un peu deux thèmes en un (punk et burlesque ^^). Enjoy…

Ghostbusters 2016

Hollztman_ghost_mara

Nouvelle illu pour > Deuxième Page <, plus précisément un total fanart assumé, suite à mon visionnage il y a quelques semaines du Ghostbusters version 2016 avec un casting 100% féminin… et fichtre, même si le film en lui même n’est pas parfait, ça fait bigrement du bien de voir des personnages féminins intéressants et badass ! Surtout dans un blockbuster, c’est tellement rare…
Ma préférence va tout particulierement à Jillian Holtzmann (alias Kate McKinnon), quelque peu « originale », mais bien badass ! ❤
Ca fait du bien de se dire que ça donne aux petites filles des nouveaux modeles d’identifications dans des films grand public/gros budget (et en même temps on se rend compte de la pauvreté des modeles proposés d’ordinaire… :/)…
Malheureusement, cela ne plait pas à tout le monde, évidemment, il y a toujours des gens étroits d’esprits et réac, en témoignent la façon dont le film s’est fait descendre depuis l’annonce du casting, et plus récemment, et plus grave, le cyber-harcèlement dont a été victime l’une des membres du quatuor, Leslie Jones, dans un mélange répugnant de racisme et de sexisme…

Portrait Trent Reznor

 

trent

Ca faisait un petit moment que j’avais envie de faire des portraits dans ce genre là, de personnalités que j’apprécie, et je me suis enfin lancée :  je commence cette série de portrait avec un hommage au grand Trent Reznor ( dont je suis une groupie depuis que j’ai découvert Nine Inch Nails, à 17 ans… j’assume oui) !
Et comme il se trouve qu’aujourd’hui une initiative tourne sur les réseaux sociaux pour mettre en avant des illustratices/dessinatrices/graphistes etc… alors j’en profite 😉 #visiblewomen
(je l’ai également mit sur mon tumblr, si ça vous dis d’aller y faire un tour)

 

Bojack #stylechallenge

Bon, tant qu’à être dans cet exercice de style, j’ai fais une petite variation d’auto-portraits dans le style de Bojack Horseman (en attendant de regarder la dernière saison).
Et j’en profite pour citer Lisa Hanawalt qui est la dessinatrice à l’origine des persos de Bojack : une femme à l’origine d’une série animée à succès, ça vaut le coup d’être souligné 😉
bojack-portrait